Vous pouvez réagir en laissant un commentaire pour nous faire part de vos sentiments après lecture merci.Voila je copie son témoignage avec une possibilité de voir l'article original ici :
Ce Week-end, j'ai pris l'avion (oui, tout seul comme un grand !). Alors que va bientôt commencer le procès de Zacarias Moussaoui, ça devient un exercice assez particulier. Passer le portique de sécurité est une épreuve digne de Fort Boyard, en moins drôle, moins sportif, et avec des animateurs beaucoup moins sympa que Patrice Laffont ou Jean-Pierre Castaldi.
Le trajet concerné était la Navette Paris-Toulouse. À l'aller, A-320 plein à craquer, vacances oblige. Au retour, chaque passager avait une rangée pour lui tout seul (et encore, si ça n'était pas deux). Ceci et la loi de Murphy appliquée aux aéroports font naturellement que la paranoïa des agents de sécurité s'exprime toujours et de préférence sur le trajet du retour. Il y a d'ailleurs fort à parier que les agents de sécurité des aéroports touchent de grasses “subventions de fin de mois” de la part de la Poste et autres coursiers, tellement c'est systématique…
Bref, aéroport de Toulouse-Blagnac, Dimanche 5 Février, à 9h30 du matin (peut-être est-ce aussi une circonstance aggravante sur l'humeur des agents de sécurité d'ailleurs…), nous arrivons dans la queue d'embarquement, avec un sac à dos et une housse contenant une paire de roller et un jambon cru (entier). Tandisque Sabine devait retirer ses chaussures puisqu'il est si évident qu'elle avait plastiqué ses talons voyons — surtout il faudra m'expliquer comment on peut voir ça aux rayons X ... — je place naïvement mes effets sur le tapis de détection. Par chance, je passe sans faire sonner l'alarme du portique et le passe au premier essai (si si c'est possible !), assez fier de ma performance.
Mais là, c'est le drame…
En effet, le vigile, version Barthez en plus maigre, me harangue: « ah Monsieur, je crois qu'il va y avoir un problème… »
Et là je me dis, ah merde, les 3 bouteilles — en verre — de sirop qui sont dans mon sac a dos n'ont pas du lui plaire. Eh bien figurez vous que non, j'avais sans le savoir, caché une arme de première catégorie dans ma housse, en la paire de roller. Comme chacun sait, les roller sont des armes létales aux diverses utilisations :
- il est connu qu'il est aisé d'utiliser les roues caoutchoutées pour étouffer votre adversaire, en lui ordonnant de les ingérer ;
- vous pouvez utiliser les lacets (forts longs il faut le reconnaître) pour étrangler le pilote — bien sur je porte des lacets sur ma paire de Doc'Marteens mais ça ne compte pas, parce que les terroristes, sont toujours chaussés de bottes en caoutchouc, et surtout ils n'ont pas de chargeurs de téléphone avec fil métallique plus tranchant que le fil à couper le beurre ;
- vous pouvez vous servir de la coque renforcée comme d'une massue, avec une prise en main particulièrement ergonomique (…), en tout cas, bien plus que le monstrueux jambon que nous portions — c'est connu, le jambon, c'est comme un polochon, ça fait pas mal ;
- vous pouvez discrètement, avec des outils en matériaux composites qui passent les portiques, démonter la platine alu et en faire un cran d'arrêt meurtrier, le tout dans le temps imparti des 50minutes que dure le vol Toulouse-Paris et sans se faire remarquer des hôtesses — d'autant plus facile, après tout, dans les 20cm² que propose le siège d'un avion, il est particulièrement aisé de manipuler des objets aussi discrets que des roller ;
- enfin, et c'est sans doute l'utilisation la plus dangereuse[1]: on peut bien sur chausser les roller, et prendre son élan d'un bout à l'autre de l'appareil, et empaler le pilote sur le manche, grâce à la vitesse accumulée — bien sur pour ça il faut juste être champion de roller ou faire abstraction des trous d'air, de l'hôtesse qui sert du café au milieu de l'avion, et surtout du fait qu'en fait le pilote n'est pas dans l'axe de votre course.
Bref, c'est totalement crétin.
D'autant plus que je transportais dans le sac à dos :
- trois bouteilles en verre — mais il est évident que je ne pouvais pas les utiliser comme arme, elles étaient pleines, je n'allais pas gaspiller leur contenu !
- mon chargeur de portable — mais le mien est en coton, et il faut le mouiller pour qu'il conduise l'électricité, du coup il ne peut servir d'outil strangulateur ;
- un jambon de taille et poids respectables — qu'il est impossible d'utiliser comme une massue…
Je veux bien comprendre les règles de sécurité dans les aéroports, mais elles ne servent à rien, parce qu'on interdit pas les champions d'arts martiaux, les lacets, les bouteilles en verre achetées au Duty Free (parce que ça ferait des grèves du personnel de l'aéroport), les chargeurs de téléphone, les stylos plume, le fromage corse et les chaussettes sales.
Alors s'il vous plaît, Messieurs les responsables de sécurité dans les aéroport, arrêtez le zèle: à Londres, les terroristes ont largement montré que même avec une police rompue à la lutte anti-terroriste[2], ils arrivent à leurs fins. Arrêtez d'emmerder les passagers pour le principe (ou pour reluquer le corsage des minettes pendant qu'elles retirent leurs bottes montantes). Ou alors, proposez un système qui fait que les passagers d'un vol d'une heure ne passent pas 30 minutes à attendre leurs bagages, ça les motivera plus à mettre des bagages en soute.




